Qualification des géobiologues : une question enfin portée à l’Assemblée nationale

Le 20 janvier 2026, une étape importante a été franchie pour la profession de géobiologue en France. La publication au Journal officiel de la question écrite n°12279, déposée par Véronique Louwagie, place pour la première fois de manière claire la question de la qualification et de la reconnaissance officielle des géobiologues et experts géobiologues dans le débat parlementaire.

« Question écrite n° 12279 : Mme Véronique Louwagie appelle l’attention de M. le Premier ministre sur la qualification des géobiologues et experts géobiologues en ce qu’elle constitue une question interministérielle qui concerne à la fois le ministre du travail, le ministre de l’éducation nationale et le ministre de l’enseignement supérieur. La géobiologie étudie les incidences des faits environnementaux, tels que les champs magnétiques, les failles géologiques, les ondes électroniques, les courants d’eau. Certains faits, déjà nombreux en ce qu’ils sont la manifestation des fluctuations naturelles, sont identifiés. Aujourd’hui, la recherche montre que ces faits ont une incidence sur l’environnement, les individus et les animaux. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle des taux d’émission ou de rayonnement maximum sont prévus par les textes législatifs et réglementaires. Certains services publics travaillent en partenariat avec des géobiologistes afin que puissent être établis des diagnostics de terrain mais il ne s’agit là que d’une reconnaissance en demi-teinte. Les professionnels aptes à établir un diagnostic géobiologique, formés et diplômés, ne bénéficient pas de la reconnaissance de l’éducation nationale. Les professionnels sont en effet regroupés au sein de l’association de l’École française de géobiologie. Cette situation n’offre pas de crédibilité et génère un doute quant aux interventions des personnes se qualifiant géobiologues. Alors que les inquiétudes de la population concernant les divers champs auxquels elle peut être soumise vont croissantes, il est indispensable que seules des personnes qualifiées puissent se revendiquer professionnels d’une science telle que la géobiologie. Elle lui demande sa position quant à une reconnaissance officielle de la formation et du diplôme de géobiologue. Elle lui demande s’il entend valider un titre de géobiologue, permettant d’apporter une validation reconnue et officielle aux formations en question. »

Cette initiative marque un tournant attendu depuis de nombreuses années par les professionnels du secteur, engagés dans une structuration progressive de leurs pratiques, de leurs formations et de leur déontologie.


Un contexte marqué par des attentes croissantes de la société

La géobiologie étudie les interactions entre les phénomènes environnementaux et le vivant. Champs magnétiques naturels, failles géologiques, circulations d’eau souterraines, ondes électromagnétiques ou encore infrastructures techniques font partie des éléments analysés dans le cadre de diagnostics de terrain.

Ces sujets ne relèvent plus aujourd’hui de préoccupations marginales. Les inquiétudes exprimées par les citoyens, les agriculteurs, les collectivités et les professionnels de l’aménagement concernant l’exposition aux différents champs et rayonnements sont de plus en plus fortes. La réglementation elle-même reconnaît l’existence d’effets potentiels, en fixant des seuils et des normes d’émission.

Dans ce contexte, des services publics et para-publics ont déjà recours à des géobiologues pour des diagnostics spécifiques. Pourtant, cette reconnaissance reste partielle, informelle et parfois ambiguë, faute de cadre officiel clair définissant les compétences, la formation et la qualification des intervenants.


Des enjeux institutionnels, professionnels et de protection du public

La question posée au Premier ministre souligne avec justesse le caractère interministériel de la reconnaissance de la géobiologie, à la croisée de plusieurs champs : environnement, travail, enseignement, agriculture, aménagement du territoire.

L’absence de reconnaissance par l’Éducation nationale et l’Enseignement supérieur crée aujourd’hui une situation problématique. Elle entretient une confusion entre professionnels formés, engagés dans une démarche structurée, et pratiques non encadrées pouvant nuire à la crédibilité de l’ensemble du secteur.

L’enjeu est double :

  • protéger le public, en garantissant que seules des personnes qualifiées puissent se prévaloir du titre de géobiologue ;
  • offrir aux institutions et partenaires publics des interlocuteurs identifiés, responsables et soumis à des règles professionnelles claires.

La position et l’engagement des organisations professionnelles

C’est dans cet esprit que les principales organisations professionnelles de géobiologie ont tenu à répondre officiellement à la députée. La Confédération Nationale de Géobiologie (CNG) et la Fédération Française de Géobiologie (FFG) regroupent aujourd’hui plus de 200 géobiologues professionnels sur l’ensemble du territoire français et développent des liens avec des structures européennes, notamment dans des pays où la géobiologie bénéficie déjà d’une reconnaissance universitaire ou institutionnelle.

Depuis plusieurs années, ces organisations ont engagé un travail de fond visant à structurer la profession autour de repères concrets :

  • une charte professionnelle,
  • une méthodologie d’intervention formalisée, incluant devis, cadre légal et obligations professionnelles,
  • des outils de présentation destinés au public et aux partenaires,
  • des travaux de recherche et de collecte de données de terrain,
  • une commission dédiées à la définition d’un socle commun de formation, avec un volume horaire exigeant,
  • la mise en place de dynamiques régionales, favorisant échanges, conférences et journées techniques.

Ces actions traduisent une volonté claire : faire de la géobiologie une activité professionnelle lisible, responsable et compatible avec les exigences des institutions publiques.


Une question parlementaire saluée et une profession prête à avancer

Nous saluons avec un enthousiasme sincère le fait que cette question essentielle soit désormais portée au plus haut niveau de l’État. Voir la qualification des géobiologues inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale marque une étape structurante pour toute une profession engagée depuis longtemps dans un travail rigoureux et responsable. La question écrite déposée par Mme Véronique Louwagie traduit une compréhension fine des enjeux scientifiques, environnementaux et institutionnels. Elle reconnaît l’existence d’un champ professionnel organisé, actif sur le territoire, mais encore insuffisamment reconnu par les cadres officiels.

Nous sommes prêts. Prêts à dialoguer avec les pouvoirs publics, prêts à mettre à disposition nos travaux, nos outils, nos référentiels et nos retours de terrain. Prêts surtout à contribuer à une clarification indispensable, au bénéfice du public comme des institutions. Cette prise de parole parlementaire constitue un signal fort et attendu, ouvrant la voie à une reconnaissance claire, encadrée et responsable de la géobiologie professionnelle en France.


Une profession prête et déjà mobilisée

Nous sommes prêts. Et cette disponibilité ne relève pas d’une simple déclaration d’intention. Elle s’est traduite concrètement par l’envoi, ce jour, d’un courrier officiel adressé à Véronique Louwagie, cosigné par les présidents des principales organisations professionnelles œuvrant pour la reconnaissance des géobiologues en France.

Dans cette réponse, la Confédération Nationale de Géobiologie (CNG) et la Fédération Française de Géobiologie (FFG) ont tenu à saluer publiquement l’initiative parlementaire, tout en soulignant avec clarté que la reconnaissance de la géobiologie relève bien d’une problématique interministérielle. Une réalité que les professionnels vivent depuis des années, oscillant dans leurs échanges entre les ministères de l’Environnement et de l’Agriculture.

Surtout, cette réponse met en lumière le travail déjà accompli pour doter la profession de fondations solides et vérifiables. Les organisations professionnelles ont développé un ensemble d’outils concrets destinés à sécuriser les pratiques et à protéger le public : code de déontologie, charte professionnelle, méthodologie d’intervention formalisée intégrant devis chiffré et respect du cadre légal français, ainsi que des supports de présentation accessibles et traduits.

Le courrier souligne également l’investissement des géobiologues dans la production de connaissances, avec la publication d’ouvrages de référence, notamment en géobiologie rurale, et des collaborations établies avec des Chambres d’Agriculture. Des témoignages d’agriculteurs sont d’ores et déjà collectés afin de documenter précisément les apports des diagnostics géobiologiques sur le terrain.

Enfin, les organisations rappellent les actions engagées en matière de structuration professionnelle : définition d’un socle commun de formation exigeant, constitution de groupes régionaux, organisation de conférences et de journées techniques, ainsi que le lancement de travaux de recherche expérimentale, dont une étude inédite sur les variations de la prise de terre selon les saisons et les régions, dont les résultats seront communiqués au second semestre 2026.

À travers cette réponse, un message clair est adressé aux pouvoirs publics : la profession est organisée, responsable et prête à s’inscrire dans un cadre officiel. Mais cette reconnaissance ne pourra aboutir sans un dialogue institutionnel et un soutien politique à la hauteur des enjeux, tant pour la crédibilité du métier que pour la protection des citoyens.


Perspectives : vers une reconnaissance officielle encadrée

La question désormais posée est celle des suites qui seront données à cette interpellation parlementaire. Validation d’un titre, reconnaissance d’un diplôme, inscription dans un cadre de certification ou de qualification professionnelle : plusieurs pistes existent et méritent d’être étudiées sereinement.

Les organisations professionnelles se tiennent disponibles pour poursuivre les échanges, à Paris comme en région, et pour contribuer activement à la construction d’un cadre adapté, réaliste et protecteur.

L’enjeu dépasse la seule reconnaissance d’un métier. Il s’agit de répondre à une attente sociétale forte, en apportant des garanties de sérieux, de compétence et de transparence.

 

article rédigé par Teresa Barras, Ondes et Energie (31)

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