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Les éoliennes font-elles tourner le lait de nos vaches ?

Depuis plusieurs années déjà nous voyons fleurir dans nos paysages, des éoliennes massives surplombant nos collines, nos prairies. Cette source d’énergie renouvelable (EnR) se développe dans le cadre des politiques énergétiques européennes et nationales, notamment par la loi de transition énergétique pour la croissance verte adoptée en août 2015. La France s’étant fixée des objectifs pour l’ensemble des technologies renouvelables, la loi prévoit de porter la part des énergies renouvelables à 23 % de la consommation finale brute d’énergie en 2020 et à 32 % en 2030, et de réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50 % à l’horizon 2025.

Il est difficile à ce jour de connaître le nombre exact d’éoliennes terrestres implantées sur notre territoire puisque les données publiques sont basés sur des chiffres de production en GW. Toutefois, le dernier chiffre officiel de 2018 indique que le parc éolien français était composé de 6500 éoliennes terrestres. En suivant la progression de l’énergie éolienne sur le territoire sur ces dernières années, on estime le nombre d’éoliennes terrestres en France en 2021 à 8000 générateurs, répartis sur 1380 parcs en France métropolitaine et Outre-Mer. Ici une carte permet de visualiser la répartition du parc éolien en France par région.

Mais de quoi parle-t-on quand on parle d’éoliennes ?

Principalement d’éoliennes terrestres de type industriel, soit des machines dont les mâts affichent des hauteurs entre 80 et 110 mètres, des diamètres de rotor entre 80 et 100 mètres, autrement dit des aérogénérateurs dont la hauteur totale est comprise en 120 et 155 mètres de haut ! Précisons également, que les éoliennes ne sont jamais seules. Elles sont implantées en « parc », certains de tailles modestes, regroupant 3, 4 ou 5 éoliennes et d’autres en rassemblent plusieurs dizaines. Au 31 décembre 2016 le plus grand parc éolien français, l’Ensemble Éolien Catalan en région Occitanie de 35 éoliennes avec 96 MW de capacité installée (la consommation annuelle estimée de 120 000 foyers) est détenu par EDF.

Chaque éolienne de ce type nécessite une emprise au sol, une surface ponctionnée sur les terres agricoles. L’emprise au sol correspond au carré de la fondation au pied de l’éolienne et de la surface de grutage nécessaire à la maintenance. La surface totale représente environ 1000 m² (200 m² de fondation et 800 m² de surface de grutage) par éolienne. De plus, afin de permettre l’accès au chantier pour de nombreux camions (livraison de ferraille, de béton, des éléments de l’éolienne) des chemins existants sont élargis et éventuellement renforcés et d’autres sont créés. Ponctionnant eux aussi, de la surface agricole.

Mais ceci, n’est que la partie visible de l’iceberg. Car pour faire tenir debout ce mât de plus de 100 mètres et pour qu’il résiste aux contraintes extraordinaires des vents, il faut un socle en béton bien costaud ! Pour une éolienne de capacité médiane (2,3 MW), les fondations nécessitent une excavation de 1500 m 3 de terre (diamètre 20 à 30 mètres, profondeur 4 mètres) au fond de laquelle une semelle de « propreté » (en béton) est coulée. Le trou va ensuite être comblé d’une structure en acier : 15 à 20 mètres de diamètre pour 30 à 40 tonnes d’acier par éolienne.

FFG - Construction éolienne

Source : http://www.asso3d.fr/phasesdeconstructiondunparceolien.pdf

Le trou et la structure en acier sont ensuite comblés de béton (coulé en une seule fois) représentant environ 300 à 400 m³ de béton soit 500 à 900 tonnes ! Sachant qu’un camion toupie standard contient maximum 6 m³ de béton, il faut donc 50 camions toupie pour combler entièrement un seul socle. Sans compter tout le câblage de cuivre pour relier en haute tension les éoliennes entre elles et au transformateur du parc : environ 3,35 kms de câble (3 x 150 mm²) pour le parc de 5 éoliennes De Vallaquins dans la Somme, par exemple.

Quels sont les dangers associés aux éoliennes industrielles ?

Les principaux dangers associés aux éoliennes industrielles, ceux-là même qui sont étudiés dans les études d’impacts, sont les dangers liés au bruit (pour le voisinage) et les risques pour les animaux (oiseaux et chiroptères), ajoutés des dangers associés à la technique des aéroturbines : effondrement de l’éolienne, chute d’éléments, chute de glace, projection de glace, projection d’éléments de pale.

Concernant le bruit, il existe deux types de « bruit » produits par les éoliennes soumis à une réglementation : le bruit d’origine mécanique (créé par les différents composants en mouvement à l’intérieur de l’éolienne) et le bruit aérodynamique provoqué par le souffle du vent dans les pales. La réglementation en vigueur, par l’arrêté du 26 août 2011, fixe un seuil d’« émergence » (écart entre le bruit ambiant sans éoliennes et le bruit avec un parc éolien en fonctionnement) à + 5 dB(A) en journée et + 3 dB(A) la nuit.

Cependant, les éoliennes industrielles produisent également des infrasons qui ne sont pas considérés par la réglementation, du fait simple que ces sons ne sont pas audibles par l’oreille humaine (tout comme les ultrasons que nous n’entendons pas mais qui sont perçus par nos amis canins). Dans un rapport de Juin 2019 pour l’association SOS Danger Éolienne, qui milite contre les éoliennes, l’ingénieur Jean-Louis Remouit, nous explique que « les infrasons peuvent être considérés comme des sons et être traités par les méthodes de l’acoustique classique ou bien être considérés comme des vibrations et être traités par la physique des pressions vibratoires des fluides ou de leurs équivalents (…) Les sonomètres utilisés, construits pour mesurer les sons audibles, donnent leurs résultats en dBA et non en dB. La puissance du son se mesure en pascal/m². Elle est en général transcrite en dB (ou plus précisément en dB RMS) par référence à une valeur de 20 μPascal/m². Les mesures en dBA sont utilisées par les acousticiens pour prendre en compte la sensibilité relative de l’oreille humaine qui est maximum vers 8000 hz et minimum aux extrémités du spectre audible. Cette pondération du dB physique, artificielle et statistique, permet de rendre le dBA équivalent pour une même impression de puissance sonore. Cette mesure des sons en dBA n’a donc strictement rien à voir avec une mesure physique réelle. ». Il précise que la mesure réglementaire faite en dBA ne prend pas en compte les infrasons, alors que lors d’une mesure en dB non pondérés, pour une fréquence de 10 Hertz, « il a 70 dB de différence entre ce qu’on mesure (en général de 100 dB au pied d’une éolienne) et ce qu’on entend…Par ailleurs, les sons audibles masquent, dans l’oreille, la perception des infrasons et leur nocivité, expliquant que les mesures en dBA faussent la corrélation entre les infrasons réels et leur perception. ». D’ailleurs l’ANSES dans son « Évaluation des effets sanitaires des basses fréquences sonores et infrasons dus aux parcs éoliens » de 2017 convient que « les mesures des niveaux de bruit exprimés en dBA, qui sont celles préconisées par les normes techniques, ne sont pas adaptées aux infrasons et basses fréquences sonores. » et signale que la campagne de mesure « ne montre aucun dépassement des seuils d’audibilité dans les domaines des infrasons et basses fréquences sonores (< 50 Hz) ». Cependant, ce rapport conclue que « Certains riverains d’éoliennes affirment ressentir des effets sanitaires qu’ils attribuent aux infrasons émis. Parmi ces riverains, des situations de réels mal-être sont rencontrées, et des effets sur la santé parfois constatés médicalement, mais pour lesquels la causalité avec l’exposition aux infrasons et basses fréquences sonores produits par les éoliennes ne peut pas être établie de manière évidente ». Les symptômes ressentis vont des troubles du sommeil, maux de têtes, vertiges, aux acouphènes. L’ANSES reconnaît cependant que le bilan épidémiologique de cette nuisance reste à faire.

Cependant les vaches sont malades

Alors même, qu’au niveau des instances sanitaires de notre pays, il n’existerait pas d’impact sanitaire dû directement aux éoliennes, à différents endroits de France, depuis plusieurs années déjà, des éleveurs sonnent l’alerte ! En effet, un certain nombre d’élevages (principalement bovin, mais pas que) subissent des effets sanitaires suite à l’implantation proche d’infrastructures industrielles de type lignes à haute tension, transformateurs, antennes relais et éoliennes. C’est ce qu’ont pu vivre Didier et Muriel Potiron, éleveurs de vaches laitières, qui ont perdu 300 vaches en sept ans ! Il apparaît clairement, au dire de leurs avocats, que les difficultés sanitaires qu’ils ont rencontrées (mortalité importante) ont débuté à l’installation du parc éolien des Quatre Seigneurs à Nozay en Loire-Atlantique. Il a même été clairement établi, que lors d’un arrêt des éoliennes pendant quatre jours pour maintenance, la production de lait a augmenté de 4 %, la fréquentation du robot de traite a elle augmenté de 143 % et que le nombre de traites incomplètes a lui diminué de 62 % ! Le comportement des vaches a de fait changé pendant ces quatre jours. En dehors du comportement même des vaches, il n’est pas rare que les bovins soumis a ces influences extérieures produisent un lait impropre à la consommation et donc invendable. Car il semble que dans ces configurations spécifiques les vaches produisent des quantités importantes de leucocytes comme si elles subissaient une infection et ces leucocytes (cellules somatiques) vont migrer dans le lait. Si le taux de cellule est supérieur à 400 000 unités/ml, le lait peut être déclaré impropre à la consommation et donc invendable. Le taux de cellules dans le lait est un indicateur de la qualité sanitaire d’un troupeau. Yann Joly éleveur près d’Amiens dans la Somme a constaté d’autres effets sur ses vaches, effets avérés par un expert agricole, suite à l’implantation, à proximité, d’un parc de 24 éoliennes : baisse de la consommation d’eau, baisse de la production de lait, baisse de la croissance des veaux, augmentation des mammites (infection des mamelles), baisse de la qualité bactérienne du lait.

Ces questions sanitaires prenant de l’importance, par leur nombre et par une mise en lumière des médias, un organe d’étude spécifique, le Groupe Permanent sur la Sécurité Électrique dans les élevages agricoles et aquacoles (GPSE) a été créé en 1999 pour répondre a ces questions mêlant technique et biologie. Fondé sur un protocole de financement signé entre le ministère de l’Agriculture et EDF, le GPSE fonctionne ainsi jusqu’en 2009. Les missions n’étant pas reconduites, il sommeille jusqu’en 2014. En 2015, il renaît sous la forme d’une association qui devient le « Groupe permanent pour la sécurité électrique en milieu agricole », mais dont le ministère de l’agriculture s’est désengagé. Ce sont donc les sociétés industrielles (EDF, RTE, Enedis), propriétaires des infrastructures mises en causes sur ces questions qui alimentent financièrement l’association en payant les études des experts. Monsieur Claude ALLO, président du GPSE jusqu’en 2021, reconnaît volontiers que ce « financement est clairement la limite du système ». Car il est bien évident que ces opérateurs industriels, puissants, ne vont pas se tirer une balle dans le pied.

Qu’ont révélé les enquêtes et rapports du GPSE ?

Le 18 février 2021, lors d’une table ronde organisée par l’OPECST (Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques) qui portaient sur l’impact des champs électromagnétiques sur la santé des animaux d’élevage, Monsieur Claude Allo fait un bilan des cinq années écoulées. Sur cette période d’activité le GPSE a reçu 72 sollicitations, dont 22 n’ont pas eu de suite. Pour une cinquantaine d’observations en élevage, la moitié a profité d’un protocole d’étude du GPSE. Sur cette vingtaine d’études, un quart n’a pas trouvé de solution. Monsieur Allo avoue que les expertises techniques produites par le GPSE aboutissent parfois à des phénomènes qui ne sont pas compris.

L’incompréhension des phénomènes est principalement dût au fait que les objets industrielles en  question (pylônes électriques, antennes relais, éoliennes, transformateurs) sont différents et que ce n’est pas forcément l’élevage le plus proche qui est touché.

Éoliennes, pylône électrique, antenne relais quels points communs ?

Les point communs entre ces objets industriels sont : l’énergie électrique, la mise à la terre et les courants parasites. En effet, ces trois structures transportent, produisent ou sont traversées d’électricité, produisent des courants parasites et sont mises à la terre (parafoudre) pour la sécurité électrique. Il ne peut y avoir, selon les études d’impacts pour les éoliennes, de quelconques effets sur la santé des habitants proches du fait de la faible intensité de ces champs et de la distance qui sépare les infrastructures des habitations. En effet, selon le « Guide de l’étude d’impact sur l’environnement des parcs éoliens » publié par le ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer, « les câbles à champ radial, communément utilisés dans les parcs éoliens, émettent des champs électromagnétiques qui sont très faibles voire négligeables dès que l’on s’en éloigne ». Le phénomène des courants parasites et de leur circulation dans le sol est littéralement ignoré des spécialistes et experts.

Les courants parasites c’est quoi ?

Concernant spécifiquement les éoliennes, Jean-Louis Remouit nous explique comment ces structures forment des courants parasites en captant « l’électricité statique qu’elles évacuent par leur socle en béton ». En effet, l’expert considère « qu’entre la turbine (à 100 m de haut) et le sol la tensions  tmosphérique varie entre 200 volts et 1000 volts ». Hors, les aéroturbines sont équipées d’un système de protection interne et externe contre la foudre, traversant les extrémités des pales, la nacelle puis la structure en finissant par une mise à la terre dans les fondations. Il précise que « La mise à la terre de l’ensemble crée un courant de fuite dépendant de la section du câble de terre. Pour un câble en cuivre de 0,45 cm de diamètre, la résistance est de 1 ohms/ km soit 0,1 ohms pour 100 mètres. Le courant évacuable par le câble de terre de l’éolienne va donc varier entre 2000 A et 10 000 A si tant est que cette section le supporte. L’évacuation provoque à son tour donc des courants de terre dont les chemins sous-terrains sont ceux de moindre résistivité. Ces chemins de moindre résistivité sont les fonds de ruisseau, les micro-failles locales comblées de matériaux plus ou moins solubles et donc aussi les chemins de câbles eux-mêmes remblayés. ». Cette considération des courants de fuite ou courants parasites démarre à peine selon l’ex-président du GPSE, monsieur Claude ALLO lors de la table ronde de l’OPECST du 18 Février 2021.

Et la géobiologie dans tout ça ?

Depuis longtemps déjà, par l’approche spécifique de la géobiologie d’élevage, des géobiologues se sont intéressés à ces courants parasites et ont compris que les passages d’eau ou les failles que savent repérer les géobiologues, formaient dans le sous-sol, ces chemins de faible résistivité par lesquels circulent les courants parasites. Le géobiologue breton Jean Uguen (décédé en 2011) et Alexandre Rusanov, ingénieur géologue, ont été les fers de lance de cette connaissance et ont su démontré, au travers de nombreuses études d’élevages en difficultés, que ces courants parasitent étaient souvent la source du comportements inhabituels des animaux, voire de leur mauvais état de santé. Jean Uguen et Alexandre Rusanov ont ainsi pu démontrer, en réalisant des analyses géobiologiques élargies, que les élevages en difficultés se trouvaient à l’aplomb d’une faille géologique (ou d’une circulation d’eau souterraine) sur laquelle était aussi dressée un infrastructure du type éolienne industrielle. Et, que cette faille transportait les courants parasites que les bovins, très sensibles, pouvait ressentir comme une nocivité et perturbaient leur homéostasie. Leurs travaux ont permis d’éclairer le fait que l’élevage le plus proche n’est pas forcément celui qui est touché, mais celui qui se retrouve, par le hasard des choses, à l’aplomb de chemins de circulation des courants parasites.

FFG - éolienne et faille

Source : Alexandre RUSANOV

Pour Alexandre Rusanov, les interactions entre les courants parasites et les courants électriques naturels agissent sur les champs de torsions. Ces champs de torsion, découverts et connus des scientifiques russes, mais non reconnus par la science officielle, sont crées par un SPIN (mouvement angulaire des particules) et/ou par une forme. Ils sont dis « statiques » quand ils émanent d’une onde de forme ou dynamiques quand ils sont générés par une torsion d’ondes électromagnétiques. On distingue alors des champs de torsion droit et des champs de torsion gauche. Les premiers sont des champs naturels favorables au vivant, les seconds sont des champs de perturbation défavorables au vivant.

Dans l’exemple ci-dessous, deux distributeurs automatiques sont présents dans un élevage. L’un des deux n’est pas du tout utilisé par les vaches, l’autre oui. Il apparaît, au regard de l’étude géobiologique, le distributeur N°1 (celui qui n’est pas utilisé par les animaux) est à l’aplomb d’une zone de faille, sur laquelle se retrouve aussi un château d’eau avec des antennes relais.

FFG - éolienne et élevage

Source : Alexandre RUSANOV

C’est découvertes récentes apportent de nouvelles compréhensions à ces problématiques mais font référence à des connaissances considérées encore comme « non scientifiques » malgré l’accumulation de faits tangibles.

Cependant, le GPSE semble vouloir reconnaître le manque de connaissances scientifiques pour expliquer à ce jour tous les phénomènes observés et atteste que la géobiologie est un acteur qui peut apporter son concours à la compréhension et la résolution de ces problèmes. Se dévoile ici alors un champ de recherche motivant, un point où la technique, la science et le sensible peuvent se rejoindre dans un esprit d’ouverture.

Pour en savoir plus :
www.gpse.fr
www.prosantel.com
www.geobiologie.fr

article rédigé par Bruno Monier

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