Cet article est extrait du livre « Précis de géométrie et de géobiologie sacrées » de Benoit Tramblay
https://livres.ecoledelaterre.com/livre_vieuxqc.html

La ville de Québec est fondée en 1608 par les premiers colons français. Henri IV est alors roi de France, il le sera jusqu’en 1610, date à laquelle Louis XIII lui succède. Le temps des cathédrales achève, les compagnons ont intégré dans leurs savoir-faire la connaissance et la maîtrise de l’architecture sacrée, un savoir encore aujourd’hui opératif dans les bâtiments religieux.

Dans cet article, nous plongerons dans l’exploration de la marque distinctive laissée par les constructeurs des premiers édifices de la Nouvelle-France. Ces bâtiments, érigés en accord avec les solstices et l’harmonie des nombres, révèlent une signature unique et captivante que nous nous apprêtons à découvrir.

En arrivant sur cette nouvelle terre, les fondateurs de la Nouvelle-France aspiraient à une vie religieuse plus harmonieuse, fondée sur l’entraide, et à un retour au mode de vie des premiers chrétiens. La colonisation de la Nouvelle-France fut considérée comme une bonne occasion de rebâtir à neuf leur communauté.

En 1653, une grande campagne eut lieu en France qui avait pour visée la migration de différents corps de métier vers la Nouvelle-France, dont des maîtres compagnons, mais il demeure possible que Samuel de Champlain avait dès avant fait venir ses géomètres et architectes initiés aux connaissances des anciens bâtisseurs, enseignées dans les universités, celles-ci ayant remplacé les écoles d’architecture de cathédrales.

Le rôle de la géométrie sacrée

Platon dit ceci :

« Avant la création de toute chose pouvant être dénombrée, le nombre existait par lui-même ».[1]

Cette assertion résume bien la pensée des Anciens, qui voulaient que le nombre n’ait pas une expression arithmétique, mais une vibration, ayant une résonance avec le cosmos.

Cette ancienne science des nombres appelée l’arithmologie a pour rôle d’étudier la mystique et le symbolisme des nombres. On va retrouver le un comme expression divine et le deux, représentant le temple. Ces suites de nombre, expression du divin peuvent s’exprimer sous des formes géométriques telles que le cercle, le carré et le triangle de Pythagore entre autres.

Par exemple, le carré double a toujours été associé au temple avec le nombre deux. On retrouve le double carré dans différentes architectures sacrées des temps d’Amérique du Sud à l’ancienne Égypte.

Pour établir l’emplacement et les proportions du bâtiment, le maître d’œuvre va tracer le carré double d’après le nombre d’or, de manière à symboliser la terre des hommes. Le carré double, dont l’hypoténuse, qui est égale à √5, évoque le nombre d’or ((√5 + 1) /2 = 1,618), est la représentation symbolique de la création terrestre. S’il est double, c’est afin de représenter la dualité terrestre entre le bien et le mal.

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On va retrouver aussi dans les anciens sites celtiques des alignements mégalithiques basés sur le carré, double carré et triple carré.

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Les diagonales des bi et triple carrés peuvent être alignées avec des axes planétaires et avec les solstices/équinoxes du soleil. Le triangle de Pythagore se trouve au sein du triple carré, le célèbre triangle 3-4-5 des bâtisseurs.

Les anciens sites sont aussi alignés avec les solstices solaires. Suivant la latitude du site, il est possible de déterminer le module et la coudée solaire utilisés par les bâtisseurs pour la construction du bâtiment, afin qu’il soit en résonance avec les paramètres géodésiques du lieu; ceci grâce aux formules transmises par Gaspard Destre, architecte, selon les méthodes de Raymond Montercy et de Louis Rosier. Le module solaire du Vieux-Québec est de 22,44 pieds.

Étude des bâtiments du Vieux-Québec

L’étude des bâtiments du Vieux-Québec a été faite uniquement sur les bâtiments datant du régime français, avant l’invasion anglaise.

Lors de l’étude, il a été plaisant de constater que les premiers bâtiments religieux répondent aux proportions sacrées. Si on prend par exemple le séminaire des ursulines, Le premier Séminaire a été cédé par la société Notre-Dame de Montréal créée en 1641 par Jean-Jacques Olier fondateur des sulpiciens, avec l’appui de la Compagnie du Saint-Sacrement, société secrète catholique. La société Notre-Dame de Montréal avait pour objectif de créer des écoles et des hôpitaux pour les autochtones. Le Séminaire a ensuite connu plusieurs agrandissements au cours des siècles.

wikimedia commons Québec

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Mesures des bâtiments

Seules les ailes Sainte-Famille et Saint-Augustin ont été mesurées, simplement parce qu’elles possèdent le style architectural particulier au Régime français.

mesure bâtiment 1

La longueur des ailes est de 133 pieds, dont la division par le module solaire (22,44) ne donne pas sur un nombre entier . En appliquant la géométrie sacrée, le triple carré est obtenu en divisant 139 par 3, suivi de 22,44. Le carré équivaut à 1,97 module solaire, donc 2 modules solaires.

La largeur du jardin est approximativement de 94 pieds, un nombre indivisible, mais s’il est divisé par φ, alors le résultat obtenu est 58,09. Le constat est le même que pour la longueur des ailes, un double carré est déterminé dans la largeur si le jardin est divisé par 2 suivi de 22,44. Le carré équivaut à 3 modules solaires.

La longueur de la chapelle est de 139 pieds et de la diviser par φ donne, comme pour le jardin, un double carré. Si celui-ci est divisé par 2 suivis de 22,44, un carré équivalant à 3 modules solaires est obtenu.

mesure bâtiment 2

Alignement avec les astres

alignement bâtiment 1

Les portes d’entrée des ailes Sainte-Famille et Saint-Augustin sont alignées dans l’axe du lever du soleil au solstice d’hiver et du coucher du soleil au solstice d’été.

[1]https://tv.epistemea.fr/pages/theme-3-les-nombres

Références et Bibliographie

  • CROWHURST, Howard, La science des anciens, Éditions Epistema, 2017, 104 p.
  • LANGLOIS, Michel, Montréal 1653 la grande recrue, Édition Septentrion, Sillery 2003, 268 p.
  • LEMOINE, Georges, Les ursulines du Québec, Des Presses, Québec, 1683, 603 p.
  • PROVENCHER, Jean, L’histoire du Vieux-Québec à travers son patrimoine, Édition Québec, QC 2007, 277 p.
  • Répertoire du patrimoine bâti (quebec.qc.ca) :
    https://www.ville.quebec.qc.ca/citoyens/patrimoine/bati/index.aspx
  • Formation les tracés régulateurs – Gaspard Destre : https://gasparddestre.com/

article rédigé par Benoît Tramblay – géobiologue FFG et baubiologue IBEF – Montréal • Canada

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